lundi 20 juin 2011

Les Humanitaires Expatriés

MDM (Médecins du Monde), MSF Suisse, MSF Hollande, PU (Première Urgence), InterSOS… Les ONG peuplent la capitale.

Alors comment passe-t-on une fin de semaine chez les humanitaires à N’Djamena ?!

Eh bien, globalement comme partout.

Les Humanitaires Expatriés, par delà le monde, obéissent à un instinct grégaire sur-développé. Même dans les programmes de développement, on assiste à une généralisation de l’attitude d’urgence à la vie privée. Vite rencontrer des gens, vite se retrouver, vite s’appeler amis.

Il se trouve que, en effet, pour atterrir dans le milieu, il doit exister des points communs entre eux.

Donc, c’est cet instinct grégaire qui a fait que, vendredi soir, je faisais la connaissance de la plupart des Humanitaires Expatriés de la capitale. (Ouai, c’est vrai tiens, ça fait un peu Humanoïdes Associés…)

Le Centre Culturel Français donnait un concert reggae vendredi soir.

Balances inexistantes, saturation qui arrache les oreilles comme il faut, mais bon p’tit groupe local quand même. Du coup, à la sortie, tout le public s’est arraché les CDs. Il faut dire que pour couvrir l’événement, ils avaient prévu un stock de 6 disques.

C’est après, autour de la bière brassée au pays que j’ai vraiment fait connaissance avec les Humanitaires Expatriés.

Le rituel de présentation consiste à dire son prénom, et-tout-de-suite-après son ONG. Genre elle fait partie de ton identité. (Parfois même, elle s'y substitue : « On va chez PU ? »)

C’est important de savoir pour qui travaille le gars qui est en face de toi pour le cerner. Par exemple, s’il est UN, c’est un connard. Donc tu lui parles pas.

(oui alors pour les abréviations : UN, United Nation et tous ses organismes affiliés : PAM, HCR, Unicef… il y a un site internet qui est très bien fait, moi j’y comprends rien)

Après il faut donner son poste.

Ah t’es admin ?

Ah ouai.

Evidemment, je caricature avec une grosse dose d’ironie sarcastique qui ne reflète pas la réalité du terrain. C’est à peine si elle reflète la réalité de mon état d’esprit.

Allez, soyons franche.

Les Humanitaires Expatriés sont globalement très sympa et leur capacité d’adaptation et d’ouverture, mainte fois éprouvées, leur permet de contribuer à une ambiance de groupe bien agréable.

La preuve en est qu’on a tous fini habillés dans la piscine d’un gars du PAM à 4heures du matin.

Si vous avez pu voir, dans l’article précédent, que le dimanche est jour de marché, il est aussi un jour privilégié pour le regroupement d’Humanitaires Expatriés au Novotel.

C’est dans cet hôtel haut de gamme que se trouve la seule piscine accessible de la ville.

Et là, je vous prie de croire que j’ai pas fait la difficile pour rentrer dans l’eau. D’abord parce qu’elle devait être à 32°, mais surtout que, je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais il fait chaud.

Donc petit volley sur le sable, plongeon, petit volley, plongeon, petit coca, plongeon, bouquin sur le transat… Oui, j’aime. Oui je suis une poule de luxe. Ca va bien les conditions de travail traditionnellement spartiates chez les ONG! J'ai passé l'âge.

Bon et alors finalement, que viennent ils chercher ici nos braves HE ? (moi aussi je vais inventer des abréviations secrètes)

Certains ne savent pas. Ils cherchent justement. D’autres sont là par idéologie. Sauver le monde, tout ça. Il y en a qui fuient (sûrement puisqu’on a coutume de le dire). Il y en a même qui ne savent plus faire que ça, ou qui le croient. Et puis tout simplement, il y a ceux qui aiment ça, bouger, l’urgence, découvrir des pays, des gens…

Mais arrêtons là.

Je vais continuer cette enquête ethno-socio-philanthropique grâce à ma subtile infiltration clandestine du milieu, et je vous en direz plus très bientôt.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel plaisir de retrouver ta prose et ton analyse humoristique, Profite bien de la piscine petit scarabée.
et comme on disait au bénin bonne arrivée!
gros bisous Marion

Marie a dit…

Merci la Marrrion! des bises!!
M:)

Marie a dit…
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Marie a dit…
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Marie a dit…
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