jeudi 30 juin 2011

Koukou, enfin.

Et voici ma maison !

A droite c’est la case de la salle à manger, et au fond, ma case à moi : une petite chambre avec salle de bain intégrée.

C’est encore plus rudimentaire qu’à Godzilla mais au moins, c’est chez moi !

Il va falloir apporter quelques améliorations pour que ce soit vivable: un bon prétexte pour découvrir le marché ce week end !

Et puis on pensera à nettoyer les traces marrons sur les murs, mettre des moustiquaires aux fenêtres, un tapis sur le sol bétonné, des rideaux à la place des lambeaux, une étagère et un miroir dans la salle de bain... hum...

La base a été longtemps entre les mains d’hommes de brousse et (ah tiens, un cafard énorme, de ceux qui envoient l’acide qui brûle. Bon.) et toute l’ONG, depuis le siège à Milan jusqu’ici, est ravie de ma présence. Laissons les espérer…

J'ai donc fait la connaissance du Dr Pierre, le chirurgien congolais du centre et le seul expat basé ici. Comme on me l'avait décrit, il y a du vieux sage dans ce personnage. Ca va être très intéressant de travailler avec lui. Jusqu'à la fin du mois de juillet, il y a aussi Alex, un italien bénévole venu se ressourcer dans ce désert. Un jeune, enfin.

Et puis visite rapide à l'hôpital.

Cette première impression pourrait faire l'objet de plusieurs articles.

Ne nous affolons pas.

Profitons plutôt du paysage de la route car c'est la dernière fois que je l'emprunte. Déjà les quelques pluies y ont creusé des bourbiers et elle sera bientôt impraticable.

Il me manque toujours un p'tit quelque chose ici aussi, mais le moral est revenu!! :)

lundi 27 juin 2011

Le principe de l'autocuiseur

L'autocuiseur est un ustensile de cuisine constitué d'un récipient hermétiquement clos qui ne permet pas aux gaz de s'échapper en dessous d'une pression déterminée. Il est appelé parfois marmite à pression, casserole à pression (Belgique) ou encore Cocotte Minute (Wikipédia).

Voilà.

Il y a des jours où on peut s’identifier à cet objet.

Bon, sur la finalité, c’est sûr qu’on ne peut pas me comparer avec un ustensile de cuisine (quoique j’aie fait des progrès ces dernières années), mais sur le principe, c’est ça.

Je bouillonne depuis 10 jours, faisant monter la pression petit à petit.

La chaleur anéantit le jour, agite la nuit, déshydrate (à moins que ce ne soit la diarrhée ?...), faisant bouillir le corps insidieusement.

Et puis, l’eau de la douche froide est chaude.

(J’avais déjà remarqué ce phénomène: l’Afrique est riche en oxymores).

Mais c’est surtout psychologiquement que l’aventure commence à devenir une expérience sur soi.

Combien de temps peut-on supporter la passivité, l’isolement, l’éloignement, l’enfermement, les coupures de courant, l’italien dès 6h du matin… ?

Comme dit Perrine (une sage des îles lointaines), trop d’acclimatation tue l’acclimatation.

Alors envoyez moi à Koukou que je commence à bosser pour de vrai !! et le reste sera toujours là mais je n’aurai plus le temps de m’en plaindre. Il paraît qu’il y a une base à gérer, un centre de santé qui part à vau-l’eau, des problèmes avec le personnel, ça va être la fiesta quoi !!

Voilà.

Au fait, comment s’appelle le tchitchou de la cocotte minute ? le bitoniau là…

Enfin bref, merci de m’avoir permis de le tirer un peu pour faire échapper la vapeur ! ;)

dimanche 26 juin 2011

La vie à la base de GB

Voici la base de l'ONG à Goz Beida.
C'est ici que j'ai emménagé pour une semaine et où je reviendrai un week end sur deux.
L'organisation, la chaleur, les mesures de sécurité et le fait qu'il ne se passe pas grand chose dans la ville, font que nous sommes confinés dans ce périmètre.
Une base, c'est un endroit où on mélange tout.
Le boulot devient la vie privée, les collègues deviennent la famille, les réunions d'équipe portent autant sur la grève du personnel soignant que sur "qui a remis une bouteille vide dans le frigo?".
On mélange les cultures aussi.
Le drapeau vers blanc rouge prédomine. En 10 ans de programmes dans le district, cette base est devenue un territoire italien. Si bien que le cuisinier tchadien nous prépare la pasta, les lazagnes et même la pizza dans les règles de l'art. Ensuite vient le Congo (RDC), avec 3 ou 4 personnes. Je suis la seule chinoise.
Du coup, je révise le Swahili, apprend l'arabe Tchadien et commence à comprendre l'italien.
Heureusement que le français reste la langue qui nous relis tous.
L'ambiance est assez sympa mais pas très folichonne. La charge de travail, le rythme du pays? l'âge? (moyenne 50 ans)... Il parait qu'à Koukou, il y a plus de jeunes qui appartiennent à des ONG différentes et qui se retrouvent régulièrement. Ca pourrait être pas mal.
La base compte environ une douzaine d'expats, puis aux heures de bureau, une dizaine de Tchadiens dans la coordination des projets, plus les chauffeurs, gardiens, cuisinier...
Ce qui fait beaucoup de noms à mettre sur autant de visages, donc le nombre de gaffes à faire par jour est exponentiel. ("mais moi c'est Abdraman Souleyman, tu m'as déjà dit bonjour tout à l'heure, on est allés ensemble au centre de santé"). Alors déjà en France je me présente 3 fois au même Paul, ici c'est pas gagné. Bon, il faut juste qu'ils s'habituent à ma mémoire.
Et maintenant j'arrête parce que mon ordi est brûlant et que si ce n'était pas un mac, le souffle du ventilo couvrirait le bruit du générateur. :P

samedi 25 juin 2011

Goz Beida, la dune claire

Goz Beida est une petite ville à 37km au Nord de Koukou. Depuis les conflits du Darfour, de l'autre côté de la frontière Soudanaise, des sites de réfugiés et déplacés se sont organisés aux alentours. Toutes les routes sont de sable, on trouve principalement des ONG, un marché, des lieux de cultes et des ânes. L'électricité, uniquement générée par les groupes électrogènes, est restreinte à certaines heures.
En général, de ce que j'ai pu voir jusque là, la population est accueillante et souriante. Surtout si on dit 3 mots d'Arabe Tchadien :)

jeudi 23 juin 2011

Mouvement vers l’Est

Qui a dit que le Tchad n’était pas un pays sûr ?

Perso, je viens de traverser le pays avec 30 millions de Francs CFA en cash (soit 45 000€).

L’administration étant en retard sur les paiements des projets de l’Est, on m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de mettre le bébé dans mes bagages.

Convoyeur de fonds? chouette un nouveau jeu !

J

La suite m’apprendra qu’il était inutile de chercher des stratagèmes compliqués pour dissimuler les billets (dans la guitare, les dossiers, les partitions, au milieu des sous-vêtements…), puisque tous les mois, l’équipe se balade classiquement avec une sacoche noire.

Aucune imagination.

Donc ce matin, 6h, j’ai quitté la base de N’Djamena pour arriver à celle de Goz Beida vers 14h, avec un changement à Abéché.

Les ONG bénéficient des vols de l’ONU, ce qui facilite la vie : de la paperasse en amont et on prend l’avion comme on prend le bus.

Mis à part que les effets personnels ne sont pas prioritaires et que mes valises sont restées à la capitale. Ce qui serait moins embêtant si on pouvait acheter autre chose que des chameaux à Goz Beida,

mais non.

Depuis Rome, je prends des avions de plus en plus petits. Je ne sais pas s’il existe plus petit encore que celui d’Abéché. Peut-être que pour aller à Koukou on me mettra dans un Jodel (ou je ne sais quel modèle biplace)…

Alors voilà, je suis arrivée en brousse. Il y a du sable partout, pas de goudron, il fait 40°C à l’ombre (« il fait frais maintenant, c’est agréable» paraît-il), on entend les ânes et les chèvres, les gens parlent peu français, et intérieurement, on se demande forcément « mais qu’est ce que tu fais là ?! », mais ma foi, je suis bien contente d’avoir quitté la capitale.

Mon chef de projet souhaite que je reste une semaine ici pour bien comprendre tout ce qui se passe dans la région avant d’aller à Koukou.

Eh bien d’acco’ !

lundi 20 juin 2011

Les Humanitaires Expatriés

MDM (Médecins du Monde), MSF Suisse, MSF Hollande, PU (Première Urgence), InterSOS… Les ONG peuplent la capitale.

Alors comment passe-t-on une fin de semaine chez les humanitaires à N’Djamena ?!

Eh bien, globalement comme partout.

Les Humanitaires Expatriés, par delà le monde, obéissent à un instinct grégaire sur-développé. Même dans les programmes de développement, on assiste à une généralisation de l’attitude d’urgence à la vie privée. Vite rencontrer des gens, vite se retrouver, vite s’appeler amis.

Il se trouve que, en effet, pour atterrir dans le milieu, il doit exister des points communs entre eux.

Donc, c’est cet instinct grégaire qui a fait que, vendredi soir, je faisais la connaissance de la plupart des Humanitaires Expatriés de la capitale. (Ouai, c’est vrai tiens, ça fait un peu Humanoïdes Associés…)

Le Centre Culturel Français donnait un concert reggae vendredi soir.

Balances inexistantes, saturation qui arrache les oreilles comme il faut, mais bon p’tit groupe local quand même. Du coup, à la sortie, tout le public s’est arraché les CDs. Il faut dire que pour couvrir l’événement, ils avaient prévu un stock de 6 disques.

C’est après, autour de la bière brassée au pays que j’ai vraiment fait connaissance avec les Humanitaires Expatriés.

Le rituel de présentation consiste à dire son prénom, et-tout-de-suite-après son ONG. Genre elle fait partie de ton identité. (Parfois même, elle s'y substitue : « On va chez PU ? »)

C’est important de savoir pour qui travaille le gars qui est en face de toi pour le cerner. Par exemple, s’il est UN, c’est un connard. Donc tu lui parles pas.

(oui alors pour les abréviations : UN, United Nation et tous ses organismes affiliés : PAM, HCR, Unicef… il y a un site internet qui est très bien fait, moi j’y comprends rien)

Après il faut donner son poste.

Ah t’es admin ?

Ah ouai.

Evidemment, je caricature avec une grosse dose d’ironie sarcastique qui ne reflète pas la réalité du terrain. C’est à peine si elle reflète la réalité de mon état d’esprit.

Allez, soyons franche.

Les Humanitaires Expatriés sont globalement très sympa et leur capacité d’adaptation et d’ouverture, mainte fois éprouvées, leur permet de contribuer à une ambiance de groupe bien agréable.

La preuve en est qu’on a tous fini habillés dans la piscine d’un gars du PAM à 4heures du matin.

Si vous avez pu voir, dans l’article précédent, que le dimanche est jour de marché, il est aussi un jour privilégié pour le regroupement d’Humanitaires Expatriés au Novotel.

C’est dans cet hôtel haut de gamme que se trouve la seule piscine accessible de la ville.

Et là, je vous prie de croire que j’ai pas fait la difficile pour rentrer dans l’eau. D’abord parce qu’elle devait être à 32°, mais surtout que, je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais il fait chaud.

Donc petit volley sur le sable, plongeon, petit volley, plongeon, petit coca, plongeon, bouquin sur le transat… Oui, j’aime. Oui je suis une poule de luxe. Ca va bien les conditions de travail traditionnellement spartiates chez les ONG! J'ai passé l'âge.

Bon et alors finalement, que viennent ils chercher ici nos braves HE ? (moi aussi je vais inventer des abréviations secrètes)

Certains ne savent pas. Ils cherchent justement. D’autres sont là par idéologie. Sauver le monde, tout ça. Il y en a qui fuient (sûrement puisqu’on a coutume de le dire). Il y en a même qui ne savent plus faire que ça, ou qui le croient. Et puis tout simplement, il y a ceux qui aiment ça, bouger, l’urgence, découvrir des pays, des gens…

Mais arrêtons là.

Je vais continuer cette enquête ethno-socio-philanthropique grâce à ma subtile infiltration clandestine du milieu, et je vous en direz plus très bientôt.

dimanche 19 juin 2011

Balade au marché

Je trouve le titre assez explicite

vendredi 17 juin 2011

Arrivée à N'Djamena

C’est fou comme le corps se transforme en touchant le sol africain.

A chaque fois je m’en étonne.

Les pores se dilatent, les veines gonflent, les yeux se plissent (encore plus), la peau brûle, chaque pas est un effort et on devient moite jusqu’à ruisseler.

On ramollit quoi.

Je suis donc bien arrivée, mach’allah.

A la base de N’Djamena, toute l’équipe est dans le même état, en plus d’être italienne.

On va prendre le temps qu’il faut pour faire la paperasse avant de partir sur la base de Gozbeida. C’est-à-dire une semaine, ce qui me permet d'étudier le projet à fond. Après quelques jours à Gozbeida, je rejoindrai Koukou Angarama par avion pour prendre enfin mes fonctions.

Pour l'instant, le travail n'est donc pas harrassant et comme les précautions de sécurité freinent mon âme exploratrice, je m'ennuie un peu.

Patience petit castor.

Voici quelques images (si j'y arrive pasque ça rame...) en attendant une suite palpitante...

En volant au-dessus du pays, on se rend compte que la saison des pluies n’a pas vraiment commencé. La fameuse saison qu’on attend avec impatience, puis qu’on maudit quand les routes sont impraticables. La base de l'ONG Petit montage de ma chambre grace à une super application Iphone!! qui ne fonctionne pas ici d'ailleurs :(

mercredi 1 juin 2011

C'est où Koukou d'abord?!

Koukou Angarama, c'est un village de la région du Ouaddaï, à l'Est du Tchad