dimanche 7 août 2011
Dernier WE à Koukou
mercredi 27 juillet 2011
Euronews
Aéroport de N’Djamena, en direction de Koukou via Goz Beida.
Sur l’écran d’en face, voilà deux heures qu’Euronews repasse en boucle les malheurs du monde. La famine en Somalie, la coulée de boue en Corée, l’invasion des algues vertes, l’attentat en Norvège, le crash au Maroc, l’échec de la vie professionnelle de Marie, l’Afghanistan ou la Libye.
Je repars à Koukou pour faire ma valise, ranger un peu pour les suivants, et dire au revoir à l’équipe que j’abandonne.
On a beau essayé de voir le bon côté des choses, quand la santé physique et mentale est en danger et qu’on ne trouve plus dans ses doutes des raisons de croire, alors il vaut mieux quitter.
N’empêche, c’est pas facile.
dimanche 24 juillet 2011
Stand by à N'Djamena
La vie à la base de N’Djamena est assez inexistante de manière générale.
En sortir n’est pas évident quand marcher seule est interdit pour la sécurité et prendre la voiture interdit par le docteur.
Mais je m’amuse quand même.
C’est vrai, je m’amuse de pas grand chose alors je ne vais pas tout vous raconter.
Je vous épargne l’épisode « comment je ne suis pas morte de faim », l’épisode « trouver un maillot de bain au Tchad », ou des croissants un dimanche matin.
La sélection du jour sera : « Les enfants de la brousse au Novotel ».
Aaaaah….
Comment dire.
Après un mois de brousse (5 mois pour Alex) (et d’ailleurs, heureusement qu’Alex est là depuis vendredi soir), se glisser dans l’eau, c’est comme être une fraise qui entre dans de la crème chantilly.
(C’est parce que j’ai beaucoup lu Leo Loden , alors les comparaisons idiotes, ça me vient naturellement)
Martini blanc pour moi, whisky coca pour Alex, petites olives, histoires de vies d’avant, carpe diem, va fan culo et hasta la mierda !
On remet ça cet après midi !
Sinon, pour le dos et la jambe, ça va un peu.
J’ai moins mal avec le traitement qui m’ensuque, mais je sens que c’est pas terrible. Je ne m’inquiète pas, donc, ne vous inquiétez pas non plus.
Demain, lundi, réévaluation avec le médecin et prise de décision.
Action, réaction.
mercredi 20 juillet 2011
Tamalou
jeudi 14 juillet 2011
Fête Nat
En Afrique, les fêtes nationales s’appellent les fêtes de l’indépendance.
Voilà un mois que je suis partie.
Comme vous le savez, ce n’est pas facile mais il y a de belles images à prendre et à partager.
Ici vous verrez le Wadi dans lequel on se promenait la semaine dernière après les 2 premiers orages, le tracteur du village qui prépare le terrain, et les enfants toujours…
Je me fais aux conditions grâce aux personnes qui les partagent.
Bien sûr, je voudrais que l’eau qui sort (quand elle sort) soit moins brune, ou manger autre chose que du poulet à l’huile et du riz sec ou sous forme de boule, des trucs comme ça…
Mais ma vie s’organise.
Le boulot m’a prise complètement.
Le thème de la semaine (entre la gestion du quotidien) était la pharmacie. Depuis le début on me dit que oui oui, il y a du stock suffisant pour les 3 mois de saison de pluie où on risque d’être isolés et non ravitaillés.
Et en fait, quand on s’y penche avec un crayon et une feuille excel, on se rend compte que pas du tout.
On fera pareil avec les planning, la logistique, et un jour peut-être on se penchera sur la prise en charge des patients…
Du challenge donc, du bordel à organiser, des gens à coordonner pour un objectif commun, de l’apprentissage… Du terrain, de l’ordi, des rencontres… Oui, le boulot me plaît.
Et l’Afrique.
En fait, c’est juste dur parce que je n’ai plus envie de vivre en transition. Un besoin de me poser, de partager et de construire. La trentaine qui approche ? ou juste que l’absence d’une personne peut faire changer le goût des choses ?
dimanche 10 juillet 2011
Nettoyage de printemps
vendredi 8 juillet 2011
Hôpital de Koukou
mercredi 6 juillet 2011
Balade dans le wadi

dimanche 3 juillet 2011
Aradib
Aradib est un petit village à 10km de Koukou. Nous y avons un centre de santé et il convient de me présenter au staff. Le samedi de préférence, puisque c’est le jour du marché.
Pour aller à Aradib, le convoi part à 8h chaque jour et revient à 12h30.
Le convoi…
Pour des raisons de sécurité, tous les déplacements des véhicules se font sous escorte armée. J’aimerai pouvoir partir sur une description dithyrambique des mesures de sécurité, mais le blog pourrait être sur écoute… En tout cas, les risques existent puisque nous sommes en Afrique, mais à part quelques vols de véhicules, il ne se passe rien d’alarmant ces derniers temps.
Comme à l’hôpital de Koukou, j’ai été très bien accueillie par le staff du centre de santé d’Aradib. Depuis le début, on me prévient que mon prédécesseur avait eu des problèmes, que les tchadiens sont « particuliers », etc. Nous verrons bien, mais pour l’instant, eux et moi avons un bon contact. Evidemment, ça les intriguent que je sois française avec ma tête. Tiens, d’ailleurs, je suis la seule française de Koukou et la seule asiatique aussi. Autant dire qu’on me repère comme le nez au milieu de la figure. (Je commence à serrer des mains dans la rue à des gens qui disent « ah, bonjour Mariam ! » mais qu’il me semble n’avoir jamais vu. « ah bonjour, ça va ?! » et je fais un grand sourire.)
L’attraction du marché : moi même
jeudi 30 juin 2011
Koukou, enfin.
Et voici ma maison !
A droite c’est la case de la salle à manger, et au fond, ma case à moi : une petite chambre avec salle de bain intégrée.
C’est encore plus rudimentaire qu’à Godzilla mais au moins, c’est chez moi !
Il va falloir apporter quelques améliorations pour que ce soit vivable: un bon prétexte pour découvrir le marché ce week end !
Et puis on pensera à nettoyer les traces marrons sur les murs, mettre des moustiquaires aux fenêtres, un tapis sur le sol bétonné, des rideaux à la place des lambeaux, une étagère et un miroir dans la salle de bain... hum...
La base a été longtemps entre les mains d’hommes de brousse et (ah tiens, un cafard énorme, de ceux qui envoient l’acide qui brûle. Bon.) et toute l’ONG, depuis le siège à Milan jusqu’ici, est ravie de ma présence. Laissons les espérer…
J'ai donc fait la connaissance du Dr Pierre, le chirurgien congolais du centre et le seul expat basé ici. Comme on me l'avait décrit, il y a du vieux sage dans ce personnage. Ca va être très intéressant de travailler avec lui. Jusqu'à la fin du mois de juillet, il y a aussi Alex, un italien bénévole venu se ressourcer dans ce désert. Un jeune, enfin.
Et puis visite rapide à l'hôpital.
Cette première impression pourrait faire l'objet de plusieurs articles.
Ne nous affolons pas.
Profitons plutôt du paysage de la route car c'est la dernière fois que je l'emprunte. Déjà les quelques pluies y ont creusé des bourbiers et elle sera bientôt impraticable.
Il me manque toujours un p'tit quelque chose ici aussi, mais le moral est revenu!! :)
lundi 27 juin 2011
Le principe de l'autocuiseur
L'autocuiseur est un ustensile de cuisine constitué d'un récipient hermétiquement clos qui ne permet pas aux gaz de s'échapper en dessous d'une pression déterminée. Il est appelé parfois marmite à pression, casserole à pression (Belgique) ou encore Cocotte Minute (Wikipédia).
Voilà.
Il y a des jours où on peut s’identifier à cet objet.
Bon, sur la finalité, c’est sûr qu’on ne peut pas me comparer avec un ustensile de cuisine (quoique j’aie fait des progrès ces dernières années), mais sur le principe, c’est ça.
Je bouillonne depuis 10 jours, faisant monter la pression petit à petit.
La chaleur anéantit le jour, agite la nuit, déshydrate (à moins que ce ne soit la diarrhée ?...), faisant bouillir le corps insidieusement.
Et puis, l’eau de la douche froide est chaude.
(J’avais déjà remarqué ce phénomène: l’Afrique est riche en oxymores).
Mais c’est surtout psychologiquement que l’aventure commence à devenir une expérience sur soi.
Combien de temps peut-on supporter la passivité, l’isolement, l’éloignement, l’enfermement, les coupures de courant, l’italien dès 6h du matin… ?
Comme dit Perrine (une sage des îles lointaines), trop d’acclimatation tue l’acclimatation.
Alors envoyez moi à Koukou que je commence à bosser pour de vrai !! et le reste sera toujours là mais je n’aurai plus le temps de m’en plaindre. Il paraît qu’il y a une base à gérer, un centre de santé qui part à vau-l’eau, des problèmes avec le personnel, ça va être la fiesta quoi !!
Voilà.
Au fait, comment s’appelle le tchitchou de la cocotte minute ? le bitoniau là…
Enfin bref, merci de m’avoir permis de le tirer un peu pour faire échapper la vapeur ! ;)
dimanche 26 juin 2011
La vie à la base de GB
samedi 25 juin 2011
Goz Beida, la dune claire

jeudi 23 juin 2011
Mouvement vers l’Est
Perso, je viens de traverser le pays avec 30 millions de Francs CFA en cash (soit 45 000€).

L’administration étant en retard sur les paiements des projets de l’Est, on m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de mettre le bébé dans mes bagages.
Convoyeur de fonds? chouette un nouveau jeu !
J
La suite m’apprendra qu’il était inutile de chercher des stratagèmes compliqués pour dissimuler les billets (dans la guitare, les dossiers, les partitions, au milieu des sous-vêtements…), puisque tous les mois, l’équipe se balade classiquement avec une sacoche noire.
Aucune imagination.
Donc ce matin, 6h, j’ai quitté la base de N’Djamena pour arriver à celle de Goz Beida vers 14h, avec un changement à Abéché.
Les ONG bénéficient des vols de l’ONU, ce qui facilite la vie : de la paperasse en amont et on prend l’avion comme on prend le bus.
Mis à part que les effets personnels ne sont pas prioritaires et que mes valises sont restées à la capitale. Ce qui serait moins embêtant si on pouvait acheter autre chose que des chameaux à Goz Beida,
mais non.
Depuis Rome, je prends des avions de plus en plus petits. Je ne sais pas s’il existe plus petit encore que celui d’Abéché. Peut-être que pour aller à Koukou on me mettra dans un Jodel (ou je ne sais quel modèle biplace)…
Alors voilà, je suis arrivée en brousse. Il y a du sable partout, pas de goudron, il fait 40°C à l’ombre (« il fait frais maintenant, c’est agréable» paraît-il), on entend les ânes et les chèvres, les gens parlent peu français, et intérieurement, on se demande forcément « mais qu’est ce que tu fais là ?! », mais ma foi, je suis bien contente d’avoir quitté la capitale.
Mon chef de projet souhaite que je reste une semaine ici pour bien comprendre tout ce qui se passe dans la région avant d’aller à Koukou.
Eh bien d’acco’ !
lundi 20 juin 2011
Les Humanitaires Expatriés
MDM (Médecins du Monde), MSF Suisse, MSF Hollande, PU (Première Urgence), InterSOS… Les ONG peuplent la capitale.
Alors comment passe-t-on une fin de semaine chez les humanitaires à N’Djamena ?!
Eh bien, globalement comme partout.
Les Humanitaires Expatriés, par delà le monde, obéissent à un instinct grégaire sur-développé. Même dans les programmes de développement, on assiste à une généralisation de l’attitude d’urgence à la vie privée. Vite rencontrer des gens, vite se retrouver, vite s’appeler amis.
Il se trouve que, en effet, pour atterrir dans le milieu, il doit exister des points communs entre eux.
Donc, c’est cet instinct grégaire qui a fait que, vendredi soir, je faisais la connaissance de la plupart des Humanitaires Expatriés de la capitale. (Ouai, c’est vrai tiens, ça fait un peu Humanoïdes Associés…)
Le Centre Culturel Français donnait un concert reggae vendredi soir.
Balances inexistantes, saturation qui arrache les oreilles comme il faut, mais bon p’tit groupe local quand même. Du coup, à la sortie, tout le public s’est arraché les CDs. Il faut dire que pour couvrir l’événement, ils avaient prévu un stock de 6 disques.
C’est après, autour de la bière brassée au pays que j’ai vraiment fait connaissance avec les Humanitaires Expatriés.
Le rituel de présentation consiste à dire son prénom, et-tout-de-suite-après son ONG. Genre elle fait partie de ton identité. (Parfois même, elle s'y substitue : « On va chez PU ? »)
C’est important de savoir pour qui travaille le gars qui est en face de toi pour le cerner. Par exemple, s’il est UN, c’est un connard. Donc tu lui parles pas.
(oui alors pour les abréviations : UN, United Nation et tous ses organismes affiliés : PAM, HCR, Unicef… il y a un site internet qui est très bien fait, moi j’y comprends rien)
Après il faut donner son poste.
Ah t’es admin ?
Ah ouai.
Evidemment, je caricature avec une grosse dose d’ironie sarcastique qui ne reflète pas la réalité du terrain. C’est à peine si elle reflète la réalité de mon état d’esprit.
Allez, soyons franche.
Les Humanitaires Expatriés sont globalement très sympa et leur capacité d’adaptation et d’ouverture, mainte fois éprouvées, leur permet de contribuer à une ambiance de groupe bien agréable.
La preuve en est qu’on a tous fini habillés dans la piscine d’un gars du PAM à 4heures du matin.
Si vous avez pu voir, dans l’article précédent, que le dimanche est jour de marché, il est aussi un jour privilégié pour le regroupement d’Humanitaires Expatriés au Novotel.
C’est dans cet hôtel haut de gamme que se trouve la seule piscine accessible de la ville.
Et là, je vous prie de croire que j’ai pas fait la difficile pour rentrer dans l’eau. D’abord parce qu’elle devait être à 32°, mais surtout que, je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais il fait chaud.
Donc petit volley sur le sable, plongeon, petit volley, plongeon, petit coca, plongeon, bouquin sur le transat… Oui, j’aime. Oui je suis une poule de luxe. Ca va bien les conditions de travail traditionnellement spartiates chez les ONG! J'ai passé l'âge.
Bon et alors finalement, que viennent ils chercher ici nos braves HE ? (moi aussi je vais inventer des abréviations secrètes)
Certains ne savent pas. Ils cherchent justement. D’autres sont là par idéologie. Sauver le monde, tout ça. Il y en a qui fuient (sûrement puisqu’on a coutume de le dire). Il y en a même qui ne savent plus faire que ça, ou qui le croient. Et puis tout simplement, il y a ceux qui aiment ça, bouger, l’urgence, découvrir des pays, des gens…
Mais arrêtons là.
dimanche 19 juin 2011
vendredi 17 juin 2011
Arrivée à N'Djamena
C’est fou comme le corps se transforme en touchant le sol africain.
A chaque fois je m’en étonne.
Les pores se dilatent, les veines gonflent, les yeux se plissent (encore plus), la peau brûle, chaque pas est un effort et on devient moite jusqu’à ruisseler.
On ramollit quoi.
Je suis donc bien arrivée, mach’allah.
A la base de N’Djamena, toute l’équipe est dans le même état, en plus d’être italienne.
On va prendre le temps qu’il faut pour faire la paperasse avant de partir sur la base de Gozbeida. C’est-à-dire une semaine, ce qui me permet d'étudier le projet à fond. Après quelques jours à Gozbeida, je rejoindrai Koukou Angarama par avion pour prendre enfin mes fonctions.
Pour l'instant, le travail n'est donc pas harrassant et comme les précautions de sécurité freinent mon âme exploratrice, je m'ennuie un peu.
Patience petit castor.
Voici quelques images (si j'y arrive pasque ça rame...) en attendant une suite palpitante...
En volant au-dessus du pays, on se rend compte que la saison des pluies n’a pas vraiment commencé. La fameuse saison qu’on attend avec impatience, puis qu’on maudit quand les routes sont impraticables.
La base de l'ONG
mercredi 1 juin 2011
C'est où Koukou d'abord?!


















