mercredi 27 juillet 2011

Euronews

Aéroport de N’Djamena, en direction de Koukou via Goz Beida.

Sur l’écran d’en face, voilà deux heures qu’Euronews repasse en boucle les malheurs du monde. La famine en Somalie, la coulée de boue en Corée, l’invasion des algues vertes, l’attentat en Norvège, le crash au Maroc, l’échec de la vie professionnelle de Marie, l’Afghanistan ou la Libye.

Je repars à Koukou pour faire ma valise, ranger un peu pour les suivants, et dire au revoir à l’équipe que j’abandonne.

On a beau essayé de voir le bon côté des choses, quand la santé physique et mentale est en danger et qu’on ne trouve plus dans ses doutes des raisons de croire, alors il vaut mieux quitter.

N’empêche, c’est pas facile.

dimanche 24 juillet 2011

Stand by à N'Djamena

La vie à la base de N’Djamena est assez inexistante de manière générale.

En sortir n’est pas évident quand marcher seule est interdit pour la sécurité et prendre la voiture interdit par le docteur.

Mais je m’amuse quand même.

C’est vrai, je m’amuse de pas grand chose alors je ne vais pas tout vous raconter.

Je vous épargne l’épisode « comment je ne suis pas morte de faim », l’épisode « trouver un maillot de bain au Tchad », ou des croissants un dimanche matin.

La sélection du jour sera : « Les enfants de la brousse au Novotel ».

Aaaaah….

Comment dire.

Après un mois de brousse (5 mois pour Alex) (et d’ailleurs, heureusement qu’Alex est là depuis vendredi soir), se glisser dans l’eau, c’est comme être une fraise qui entre dans de la crème chantilly.

(C’est parce que j’ai beaucoup lu Leo Loden , alors les comparaisons idiotes, ça me vient naturellement)

Martini blanc pour moi, whisky coca pour Alex, petites olives, histoires de vies d’avant, carpe diem, va fan culo et hasta la mierda !

On remet ça cet après midi !

Sinon, pour le dos et la jambe, ça va un peu.

J’ai moins mal avec le traitement qui m’ensuque, mais je sens que c’est pas terrible. Je ne m’inquiète pas, donc, ne vous inquiétez pas non plus.

Demain, lundi, réévaluation avec le médecin et prise de décision.

Action, réaction.

mercredi 20 juillet 2011

Tamalou

Pas trouvé mieux comme titre.
Le week-end à Goz Beida s'est prolongé. J'y suis encore d'ailleurs.
Bloquée par une histoire de douleur dans la jambe et l'annulation des vols pour N'Djamena.
Je vais passer rapidement sur les 5 derniers jours parce que sinon, on va croire que je fais exprès pour me plaindre.
En tout cas, j'ai eu droit à autant de soins que d'habitants de la base de Goz Beida.
J'ai eu une séance kiné sur la table de la salle à manger avec Giancarlo, des étirements de Victor sur la table basse, des propositions indécentes de Sélé, Elsa s'est assise sur mon dos, Giulio m'a piqué les fesses avec un anti inflammatoire, et quand Jacques me regardait manger debout, j'avais l'impression d'être une victime de guerre orpheline de la société mondiale.
Sans compter les collègues de Koukou qui envoient des p'tits textos ... (et ceux de FB!! ;)
C'est mignon tout ça...
Bon, en effet, je ne dormais pas à cause de la douleur et c'est toujours inquiétant quand on ne sait pas ce que c'est. (j'ajouterai: et qu'on a un pote qui avait les même signes et qui a passé les meilleurs moments de sa vie autour de son hernie discale)
Donc le plan c'était de m'envoyer à la capitale pour faire un scanner.
Du coup, je fais des plans de l'hôpital (suis assez fière de moi d'ailleurs, vous voulez voir?), fabrique des bases de données, appelle Koukou de temps en temps, et reporte tristement les p'tits carrés jaunes (tâches planifiées) sur le chronogramme...
Mais à part ça, franchement, ça va au niveau moral!!
J'ai décidé d'écourter mon contrat (on verra exactement comment quand plus tard) et depuis, ça fait comme un poids en moins à l'intérieur!
Je pars tout à l'heure à N'Djamena. J'aurai plein de temps pour continuer à raconter ma life et me sentir proche de vous...
Koukou d'en haut

jeudi 14 juillet 2011

Fête Nat

En Afrique, les fêtes nationales s’appellent les fêtes de l’indépendance.

Voilà un mois que je suis partie.

Comme vous le savez, ce n’est pas facile mais il y a de belles images à prendre et à partager.

Ici vous verrez le Wadi dans lequel on se promenait la semaine dernière après les 2 premiers orages, le tracteur du village qui prépare le terrain, et les enfants toujours…

Je me fais aux conditions grâce aux personnes qui les partagent.

Bien sûr, je voudrais que l’eau qui sort (quand elle sort) soit moins brune, ou manger autre chose que du poulet à l’huile et du riz sec ou sous forme de boule, des trucs comme ça…

Mais ma vie s’organise.

Le boulot m’a prise complètement.

Le thème de la semaine (entre la gestion du quotidien) était la pharmacie. Depuis le début on me dit que oui oui, il y a du stock suffisant pour les 3 mois de saison de pluie où on risque d’être isolés et non ravitaillés.

Et en fait, quand on s’y penche avec un crayon et une feuille excel, on se rend compte que pas du tout.

On fera pareil avec les planning, la logistique, et un jour peut-être on se penchera sur la prise en charge des patients…

Du challenge donc, du bordel à organiser, des gens à coordonner pour un objectif commun, de l’apprentissage… Du terrain, de l’ordi, des rencontres… Oui, le boulot me plaît.

Et l’Afrique.

En fait, c’est juste dur parce que je n’ai plus envie de vivre en transition. Un besoin de me poser, de partager et de construire. La trentaine qui approche ? ou juste que l’absence d’une personne peut faire changer le goût des choses ?

dimanche 10 juillet 2011

Lutte contre la malnutrition

En images...

Nettoyage de printemps

Dimanche 9 juillet 2011, nous avons été témoins d'une mobilisation massive des habitants de Koukou pour les travaux d'assainissement de l'hôpital.
L'association locale ADS (Association pour le développement du Sila), qui promettait 5 travailleurs, s'est présentée à 7 heures du matin avec une vingtaine de bénévoles. Nos animateurs communautaires et les copains expat Lorenzo et Laura étaient là aussi.
Une belle matinée de partage de sueur mêlée aux sourires et encouragements. Même de l'autre côté de la grille, les passants nous encourageaient.
Si le travail n'est pas parfait, l'impact est énorme pour la promotion de l'hygiène et pour la cohésion du village.

vendredi 8 juillet 2011

Hôpital de Koukou

Il est grand temps que je parle boulot.
Toutefois, je vais essayer de ne pas vous assommer d'informations comme je le suis.
Concrètement, je suis chargée de coordonner toutes les activités dans la zone de Koukou: programmes de nutrition, de vaccination, de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, sensibilisation dans les communautés et le programme de soutien sanitaire aux populations déplacées (ces gens qui ont dû quitter leur domicile à cause des conflits). C'est à dire leur assurer les soins essentiels.
L'Hôpital de Koukou est le centre principal où nous agissons.
Au delà de ces programmes à superviser, il y a donc toutes les activités d'un hôpital: gestion de la pharmacie, de l'hygiène, de la logistique, du personnel... Il y a des responsables partout, mais on me demande de coordonner le tout.
Et comme vous pouvez voir sur les photos (non, ce n'est pas une ferme mais l'hôpital), il y a du boulot.
Le Dr Pierre est le seul médecin de la zone, donc le pilier de l'hôpital. Il a formé une équipe d'infirmiers et aides soignants capables de l'assister lors des opérations et d'opérer eux mêmes.
Il assure le suivi médical de tous les patients hospitalisés (46 lits), consulte les cas problématiques en externe et forme le staff régulièrement. Bref, il est une référence, un sage respecté par tous.
Quant à moi, je prends mes marques, passe beaucoup de temps à rencontrer le staff pour comprendre le fonctionnement du travail de chacun et les gens disent "on est contents de toi" alors que je n'ai rien fait encore.
Ah si, j'ai commencé la campagne de l'hygiène à l'hôpital à coup de pierre sur les ânes.

mercredi 6 juillet 2011

Balade dans le wadi

La saison des pluies tarde.
Du coup, les semences aussi. Alors on prie.
Mais l'avantage c'est qu'on peut encore circuler dans Koukou et que le village n'est pas encore isolé... Et nous pouvons nous promener dans le wadi encore sec...
Bientôt, ce lit de fleuve dans lequel nous nous promenons avec Alex, Laura et Lorenzo sera large comme le Rhône et les villageois qui se trouvent de l'autre côté seront complètement isolés et privés de soins... En attendant, il fait un parfait terrain de foot!

dimanche 3 juillet 2011

Aradib

Aradib est un petit village à 10km de Koukou. Nous y avons un centre de santé et il convient de me présenter au staff. Le samedi de préférence, puisque c’est le jour du marché.

Pour aller à Aradib, le convoi part à 8h chaque jour et revient à 12h30.

Le convoi…

Pour des raisons de sécurité, tous les déplacements des véhicules se font sous escorte armée. J’aimerai pouvoir partir sur une description dithyrambique des mesures de sécurité, mais le blog pourrait être sur écoute… En tout cas, les risques existent puisque nous sommes en Afrique, mais à part quelques vols de véhicules, il ne se passe rien d’alarmant ces derniers temps.

Comme à l’hôpital de Koukou, j’ai été très bien accueillie par le staff du centre de santé d’Aradib. Depuis le début, on me prévient que mon prédécesseur avait eu des problèmes, que les tchadiens sont « particuliers », etc. Nous verrons bien, mais pour l’instant, eux et moi avons un bon contact. Evidemment, ça les intriguent que je sois française avec ma tête. Tiens, d’ailleurs, je suis la seule française de Koukou et la seule asiatique aussi. Autant dire qu’on me repère comme le nez au milieu de la figure. (Je commence à serrer des mains dans la rue à des gens qui disent « ah, bonjour Mariam ! » mais qu’il me semble n’avoir jamais vu. « ah bonjour, ça va ?! » et je fais un grand sourire.)

L’attraction du marché : moi même